Éleuthère

Olivier Sedeyn Yoga, Chant, Vers la Sagesse

De la tristesse, du malheur

Une lettre à une amie « triste »

La tristesse, le malheur, la déprime. La condition humaine, tout simplement. Le Bouddha (ce qui signifie « l’éveillé ») a dit « Tout est souffrance », tout dans la vie humaine est souffrance parce que, comme le dit joliment Montaigne dans un petit « essai » « Nous ne goûtons rien de pur » autrement dit, nos plus grands plaisirs sont mêlés de douleur et lorsque nous souf­frons le plaisir peut ne pas être si loin qu’il le semble. En tous cas, il est clair que la fin d’une douleur donne un certain plaisir.

Telle est la condition humaine. 

Mais le Bouddha a dit aussi — comme tous les grands maîtres spirituels, « il y a une voie pour sortir de la souffrance ». Car la condition humaine est aussi de ne pouvoir accepter la souffrance, de ne pas s’y résoudre, de ne pas s’y résigner, de vouloir en sortir, de vouloir être heureux, vraiment heureux. Et si nous sommes souvent dans le malheur, nous connaissons aussi la joie, même si elle ne dure pas. Nous croyons souvent à tort que « les autres » ne connaissent pas la souf­fran­ce qui est la nôtre, que personne ne souffre comme « moi ». En ce sens, la souffrance est « égoïste », elle est aspi­ra­tion à ce que les autres nous aiment, se tournent vers nous, à ce que j’obtienne ce que je veux, moi, le bonheur, la joie, le plaisir. « Personne ne m’aime » dit l’ego à l’intérieur de nous, et il dit aussi que je ne suis pas responsable, mais que ce sont les autres, le monde, la société, voire Dieu même, qui sont responsables de mon mal­heur. Et j’en fais ainsi aussi les respon­sa­bles possibles de mon bonheur et donc je me tourne vers eux pour qu’ils me rendent « heureux ». 

C’est là l’erreur. Le bonheur ne vient pas des autres, il ne peut pas en venir. La sa­gesse (et l’intelligence) me dit au contraire: « tu es responsable de ta vie, de tout ce qui t’arrive et, si tu reviens en toi-même, si tu réfléchis, si tu apprends, tu connaîtras la joie. » Car, lorsque j’ai installé le bonheur en moi, les autres me le renvoient aussi. 

Il faut revenir en soi-même, dans cette solitude royale où je suis au calme, et ex­plorer, observer. Se connaître, démasquer tous mes faux-semblants, tout ce qui en moi n’est pas vraiment moi. Et c’est là que je rencontre le calme, l’abandon, l’espace intérieur immense, l’amour sans limite. 

De là, je reviens vers les autres, je suis « avec » les autres. Et, parce que je suis dans l’amour, parce que je suis amour, je donne de l’amour. J’en donne « en veux-tu en voilà », sans souci de possession, pour le seul plaisir de donner. 

Mais je reviens au malheur. 

La seule forme universelle du malheur, c’est le manque d’amour. Et plus encore, la source la plus courante, la plus concrète, la plus évidente, du malheur, c’est le manque de faire l’amour, c’est le manque de plaisir dans la relation d’amour physique. Au fond, tu le sais et nous le savons tous. Mais je le sais d’autant mieux que j’ai connu un tel plaisir, une telle union. Tant que je ne l’ai pas connu, c’est comme une repré­sen­tation, un fantasme, une aspiration vague et en même temps que j’y crois, je doute que ce soit possible (mais cette aspiration est vraie, elle est fondée dans la nature des choses). Et la société nous pousse à ne pas regarder cela en face. Ou à le considérer de façon technique. Ou à égaliser l’amour « nor­mal » entre la femme et l’homme et l’amour entre femmes ou entre hommes, ce qui désoriente encore davantage les jeu­nes gens qui ne savent plus quoi faire. Une union homosexuelle est fondamenta­le­ment stérile (sur tous les plans) et tous les con­tournements par la technique n’y fe­ront rien.

Il faut bien faire l’amour physique, mais bien faire l’amour, cela implique de l’a­mour et donc que l’on n’oppose pas le dé­sir sexuel et l’amour. C’est la forme pre­miè­re de l’amour, c’en est la forme fonda­mentale, première sur cette terre. C’est d’un faire l’amour que nous sommes ici tous issus et toutes issues. Je viens de là, c’est mon origine. Même si j’ai aussi une origine qu’on peut dire « céleste ». 

     Car il est vrai aussi que l’amour est plus et autre chose que le désir sexuel et que si le désir sexuel est l’origine de mon corps, ce n’est pas l’origine de mon « âme », ou de mon être le plus profond. Mais je suis un être incarné, je ne suis pas un pur esprit (gardons toujours à l’esprit ce mot de Pascal : « L’homme n’est ni ange, ni bête, et qui veut faire l’ange, fait la bê­te. ») Il faut donc que je connaisse l’ac­com­plissement sur le plan physique pour pou­voir me tourner sainement vers le spirituel. Sinon, je n’ai qu’une vision tron­quée de la vie. 

     Je reviens sur la question de l’homo­sexualité pour tenter de me faire mieux com­prendre. Il peut certes y avoir de l’a­mour entre deux hommes ou deux fem­mes, c’est parfaitement clair. Sim­ple­ment, nous avons un corps sexué et cela nous identifie et détermine la voie de notre accomplissement sur le plan physique. Vouloir changer de sexe, se dire « inter­mé­diaire » ou « autre » ou « trans », c’est pren­dre un fantasme pour la réalité, c’est voir les relations humaines d’un point de vue « technique ». Je « peux » changer de sexe. La technique, la science, nous fait croire que beaucoup de choses sont possibles. Beaucoup, certainement. Tout, certai­ne­ment pas. Et la réalité des corps fait que le corps de l’homme est fait pour le corps de la femme et inversement. Ils sont destinés par leurs corps à s’unir. Et l’accom­plisse­ment de l’amour physique ne saurait être ressenti entre deux hommes et deux fem­mes. Bien sûr, on le prétendra, dans l’ab­strait. Et qui pourra le prouver ? En fait, seuls les femmes et les hommes qui ont vraiment connu l’accomplissement de l’a­mour physique pourront dire ce qu’il en est vraiment. Ils gardent cependant le silence, car la vérité n’a pas besoin d’être pro­cla­mée si elle est vécue. Et comme beaucoup de gens sont frustrés sur ce point, ils seront peut-être en petit nombre. Peu importe. 

Si tu comprends que tu as besoin de bien faire l’amour avec un homme, tu apprends à le faire de mieux en mieux et l’amour devient une voie de connaissance de soi. 

Mais l’amour n’est pas possession, il est don. 

Tu as donc toutes les cartes en main. Sauras-tu jouer au jeu de la vie ? Et dépas­ser le malheur tout en acceptant la con­di­tion humaine. 

En amour, 

Olivier

Lettre à un élève malade, quelques mots pour mieux comprendre ce qui est en jeu dans une séance de yoga

Comme tu as pu t’en apercevoir, même si cela est profond et a du mal à devenir pleinement conscient dans sa vérité, à la fin de chaque cours de yoga, on se sent mieux, plus calme, plus tonique, plus détendu, non pas au sens d’une corde de guitare (par ex), car alors, si elle n’a pas la bonne tension, et cela sonne faux (la guitare est « désaccordée »), mais au sens où toutes les cordes sont tendues à la bonne tension. La vraie détente est vitalité, la vraie relaxation n’est pas un relâchement, mais une dynamisation, une recharge. Je sens alors tout mon corps vivant, et, tout simplement, je me sens « bien ». Mais on se souvient plus facilement du mal, de la maladie, du malheur, que du bien, du bonheur que l’on a eu, de la santé dont on jouissait avant d’être malade. Du coup, lorsque je parle de mon expérience en yoga, j’ai tendance à utiliser de nouveau les catégories du langage ordinaire, dans lesquelles, « le yoga, ça détend », sans aller chercher plus loin. Et pourquoi d’ailleurs aller chercher plus loin ? Ces bavardages sur le yoga sont comme tous les bavardages, ils meublent la conversation et ne visent pas à nous faire sentir la vérité, ils expriment, ou simulent, une relation entre les interlocuteurs. Mais ces bavardages peuvent aussi égarer si on se met à y croire, à juger (soi et les autres) à partir des notions qu’ils véhiculent, tant donc que l’on ne cultive pas en soi la conscience, la discrimination, donc une certaine mise à distance de toutes les catégories pour s’ouvrir à l’expérience vécue, à ce que j’ai vraiment senti, à ce que je sens actuellement véritablement. NE CROYEZ EN RIEN, SENTEZ, OBSERVEZ, FAITES VOTRE EXPERIENCE. Cela seul a vraiment de la valeur C’est la raison pour laquelle il faut cultiver cette attitude de l’observateur qui ne juge pas, qui n’a pas de catégories, qui s’ouvre au réel, qui cultive sa sensibilité et même sa vulnérabilité. Alors, on cesse de bavarder, on agit, même si l’on est apparemment « passif ». L’action purifie, elle nettoie le mental et le met à sa place.

Pourquoi le yoga fait-il du bien? 

Parce qu’il accorde toutes nos cordes, tous les niveaux de notre être, en les englobant, en les incluant, en les accordant dans une harmonie vibratoire sensible que nous vivons, que nous sommes lorsque nous pratiquons et un peu après (ensuite, le mental revient et s’installe, ou veut s’installer, sur le trône). 

Pour revenir à ton cas, tu t’es fait mal à un endroit, tu t’es fait une entorse, tu t’es cassé la jambe, tu as mal aux dents, n’importe quelle douleur, n’importe quelle tension-raideur, n’importe quelle maladie. Notre tendance, lorsqu’on s’est fait mal, lorsqu’on est « mal », est de rester dans notre lit, et de ne rien faire (et si l’on est vraiment « mal », on ne peut rien faire !). Mais on ne s’aperçoit pas ainsi, car cela se passe dans le subconscient, que l’on s’enferme dans le mental, dans la représentation que « je ne vais pas bien » et cette représentation même est limitante, elle nous maintient dans la maladie. Qui de nous ne s’est pas senti « grippé » un jour, mais il y avait quelque chose qu’il fallait absolument faire et donc, à ce moment, nous n’avons pas écouté notre maladie, nous ne nous sommes pas apitoyés sur nous-même et nous avons agi, nous avons fait ce qu’il fallait faire. Et alors, étrangement, la « grippe » passe au second plan, voire disparaît tout à fait, ou en tout cas, elle s’estompe, elle n’a pas pris toute la place. Je ne dis pas qu’il en est « toujours » ainsi, mais c’est souvent le cas, ou en tout cas ça l’a été dans mon expérience.

Si vous n’êtes pas bien, et que c’est le jour du cours de yoga. Si vous n’êtes pas complètement invalide, venez quand même. Vous vous apercevrez à votre grande surprise que même si vous êtes perclus de douleurs en arrivant, vous vous sentirez quand même mieux à la fin du cours. Et si vous vous sentez mieux, c’est tout simplement que vous avez « décroché » de votre mental, de votre représentation limitée de vous-même. La plupart du temps, prenez-en conscience, nous sommes « accrocs », « accrochés » à notre mental, à nos représentations, à nos défenses, à notre image négative de nous-même. Comment se fait-il que nous soyons ainsi « accrocs » à préférer bizarrement le « mal » au « bien »? Je te laisse réfléchir à cette question. Dans un autre domaine, Freud parlait des « bénéfices secondaires » de la névrose : la névrose m’empoisonne la vie, mais j’y suis habitué, et cela me conforte dans une certaine image, dans une certaine attitude. Si bien que je suis attaché à ma névrose, je « l’aime » même si au fond de moi, il y a aussi l’aspiration à m’en libérer. 

Pensez simplement aussi au chantage affectif que chacun a tendance à faire lorsqu’il est malade : « je voudrais bien que les autres tournent autour de moi, qu’ils s’occupent de moi, qu’ils me prennent en charge ». Celui qui a vécu, dans une famille par exemple, le « poids lourd » d’un parent malade qui argue de sa maladie pour faire peser une autorité tyrannique (d’autant plus tyrannique qu’elle est « morale », apparemment « non-violente »), a senti le piège et s’effor­ce peut-être de ne pas y céder. Cela ne veut pas dire qu’il faut être impitoyable envers le malade qui souffre, même si c’est vous, mais ici comme ailleurs, il faut faire preuve de discernement. C’est-à-dire de conscience, d’ouverture à ce qui est, et non à des représentations que l’on se fait (à mes représentations d’abord, mais aussi à celles des autres). Quand j’étais jeune homme, j’ai lu « La pitié dangereuse » de Stefan Zweig, l’histoire d’un jeune homme dont une femme tombe amoureuse ; il ne l’aime pas et lui refuse son amour ; elle se jette par la fenêtre du haut d’une tour ; elle ne meurt pas, mais devient invalide ; et par pitié, le jeune homme l’épouse. Je me souviens encore de mon sentiment à cette lecture d’une fausseté de sentiment, d’un enfermement moral, d’une négation du véritable amour. Bien sûr, je relativise, le fait de se dévouer pour les autres, de les aimer (comme nous le faisons presque sans y penser pour nos enfants et celui ou celle que nous aimons particulièrement) peut être très beau. Mais il faut que cela soit fait gratuitement, sans désir d’obtenir quelque chose en retour. Sinon, c’est un amour mercenaire, qui cache, derrière le dévouement, une volonté de posséder et d’enfermer l’autre. 

Tout ça pour dire que chaque fois que vous n’allez pas bien, faites quand même du yoga, mais toujours avec conscience, avec discernement (qui implique observation attentive de soi), faites quand même du yoga, et venez au cours. Le fait d’agir, et le fait de faire circuler l’énergie dans le corps, marginalise le mental, réveille les sources de vie à l’intérieur de soi, donc stimule le retour naturel à la santé. Tout « mal » est un blocage d’énergie. Le bien est harmonie, harmonisation, l’équilibre toujours à reprendre (et en même temps toujours repris spontanément par la force de vie qui est en moi… tant que je suis vivant) entre tous les niveaux de mon être. Le physique, le physiologique-énergétique-vital, l’émotionnel, le mental, le spirituel, l’intel­ligence supérieure, l’amour libre et sans possession, la joie, la béatitude (c’est-à-dire le sentiment d’union, d’unité), la communion avec son être le plus profond (qu’on peut, si l’on veut, appeler Soi ou le brahman ou Dieu), l’absorption dans l’être au-delà de ma petite personne, de mon petit moi qui souffre (c’est toujours l’ego qui souffre, toute souffrance est égoïste, observez-le).  C’est cela que vise le yoga. C’est le grand but. 

Mais chaque pratique, chaque posture, est une occasion de redynamiser à la fois le corps et l’esprit. Et en expérimentant à chaque fois à nouveau cette harmonisation qui se fait en moi, j’avance vers le grand but et une grande stabilité, une grande paix s’installe en moi.  

Je salue la force créatrice en vous, 

Olivier

Effets de la pratique du yoga

A mesure que la pratique du yoga s’installe dans mon corps, dans tout mon être, ma sensibilité s’aiguise, je sens de plus en plus de choses. Cela se fait lentement, imperceptiblement. Souvenez-vous simplement de la première fois où vous avez eu l’occasion de revenir avec attention à votre corps et d’explorer si peu que ce soit vos sensations.

Les postures du yoga sont fondées sur une connaissance profonde du corps humain, de l’être humain tout entier. Elles stimulent, non seulement le système musculaire, mais le système glandulaire, si important pour l’ensemble du métabolisme, et le système nerveux. En pratiquant le yoga, on entretient, on recouvre la santé, mais aussi par l’attention constamment suscitée par l’exploration du corps et l’exigence de concentration, on stimule puissamment le système nerveux et son maître, votre être le plus profond, ce que vous êtes dans votre nature profonde, votre Conscience, votre âme. Mots surannés peut-être, mais peut-être pas… En tout cas, cette expérience est rigoureusement personnelle et ne saurait être partagée. C’est la raison pour laquelle, dans ce travail, sur ce chemin, nous sommes totalement seuls. Bien sûr nous pouvons partager et nous partageons avec les autres et c’est très agréable. Par exemple, nous partageons en cours de yoga, d’une manière non verbale, par le seul fait d’être ensemble. Et bien sûr, nous partageons avec tous ceux qui nous sont proches. Mais chacun connaît également les difficultés relationnelles, les incompréhensions, les conflits, qui mettent en évidence l’irréductibilité de ma subjectivité, et donc de ma solitude. On confond souvent l’amour avec le fait de n’être pas seul, je dirais plutôt que je ne puis aimer véritablement (c’est-à-dire sans volonté de m’approprier l’autre ou de le soumettre à mes désirs) que si j’ai pris conscience de ma solitude et que je l’ai acceptée comme mon chemin de responsabilité et d’autonomie. Je t’aime alors, depuis ma solitude et ma liberté. Et, du même coup, ce que j’aime, c’est aussi ta solitude et ta liberté.

Face aux émotions

Il y a les faits, ce qui est, ce que je ne peux pas nier (cela ne m’empêche pas de le faire !) : C’est difficile pour moi. J’avais espéré quelque chose, j’avais entrepris quelque chose et ça ne marche pas comme je voudrais. J’affronte les faits, je fais ce qu’il y a à faire. Pas d’émotion, je fais ce que je peux, du mieux que je peux. Il adviendra ce qu’il adviendra, on verra ça dans le futur, aujourd’hui, je fais mon job. Et je peux avoir des relations dépassionnées, ce qui ne veut pas dire inamicales ni indifférentes, avec les autres.

Si je suis dans l’émotion, au contraire, je ne pense qu’à moi, et je pense que personne n’est dans la merde autant que moi. Et si je suis en colère, j’accuse l’autre d’être dans une meilleure situation que moi, et à la limite, à mes dépens. De là à lui imputer mes propres difficultés, il n’y a pas loin. « Si ces gens-là n’étaient pas comme ça, ce serait plus facile pour moi. » 

Est-ce vrai ? Pose-toi sérieusement la question.

Je suis dans une situation difficile parce que je m’y suis mis, ce n’est la faute à personne d’autre qu’à moi. Ce qui m’arrive est le résultat d’un certain nombre d’actions que j’ai faites dans le passé, d’un certain nombre de choix que j’ai faits dans le passé. Je suis donc responsable, au moins en partie, de la merde dans laquelle je me trouve, si je me trouve dans la merde. Mais c’est déjà évaluer, c’est déjà juger que de dire que je suis « dans la merde ». Ce qui est objectif, c’est seulement que « C’est difficile ». Et c’est seulement de l’extérieur que je peux juger que c’est facile pour quelqu’un. Efforce-toi de t’en abstenir, pour ton propre bien.

La colère est une pitrerie mentale, un cirque que je me fais à moi-même, et que je fais aux autres. Mais ça marche souvent moins bien avec les autres. Quelqu’un de coléreux, on le craint peut-être, on finit certainement par le fuir.  Il est clair qu’il faut le fuir, le quitter, c’est un empoisonneur.

Une émotion (ici la colère), ça consiste à se faire du cinéma sur le malheur (ou « l’extraordinaire bonheur » au contraire, dans le cas d’une émotion positive, qui elle aussi trompe) dans lequel je suis, ça consiste à me prendre pour le centre du monde. C’est un fait que l’on apprend peu à peu : je ne suis pas le centre du monde.

Si j’accuse ou si je blâme quiconque (et qu’est-ce que je fais d’autre quand je suis en colère ?), je fais comme si cette personne était responsable de quelque chose dans ma vie.

Dans ma vie, personne d’autre que moi n’est responsable de ma vie. Si ce que je fais me plaît, je suis content, si ça ne me plaît pas, je fais ce que je peux pour arrêter. Si je ne peux pas arrêter, et je ne peux pas évidemment arrêter « tout d’un coup » une action que j’ai commencée, alors, je dois accepter la situation sans faire de cirque, sans blâmer ni accuser personne, en organisant intelligemment mon départ. 

Sortir de son émotion, l’observer, la dissoudre, être vrai, par rapport à ce qui est, et par rapport aux autres. 

Pas de jérémiades. Les gens qui se lamentent sur leur sort sont insupportables (la plainte, s’apitoyer sur son sort, et la colère sont très proches). Maladie d’irresponsable.

Être clair, affronter les faits, être aimable avec tous, sans en rajouter. 

L’émotion vient d’une autre maladie : penser. Le but : Faire cesser la pensée qui ne cesse de tourner en moi. Facile à dire, je sais bien… 

Olivier Sedeyn

L’expérience de la présence paisible à soi

L’expérience de la présence paisible à soi qui découle d’une séance de yoga est une expérience coupée du mental (même si le mental ne cesse d’essayer d’interférer, il ne peut pas empêcher que, ne serait-ce que quelques secondes, j’entre en contact profond avec mon corps). Elle est sensible et sans mots, même si je rajoute souvent des mots (qui ne font que réduire l’expérience à une catégorie, c’est-à-dire à du passé familier bien connu, alors que c’est du réel irréductible à du connu). De ce fait, je ne peux pas m’en souvenir, parce que je ne peux pas m’en faire une représentation. Je ne peux que la réactualiser, refaire à nouveau, pour mon plus grand plaisir, cette expérience, qui sera toujours une nouvelle expérience. Mais je peux aussi, peut-être avez-vous observé cela, oublier tout simplement que cette expérience a eu lieu, et me couper, à nouveau, de ma réalité profonde.

J’espère la partager avec vous à nouveau. Même si, profondément, le lieu du partage est strictement intérieur et propre à chacun. C’est encore une chose étrange et riche : je reste à l’intérieur de moi, dans mes sensations, irréductibles à celles d’autrui et impartageables, et cependant, en descendant dans les profondeurs de mon corps, de mon être, je me sens profondément en lien avec les autres. Profondément en partage. 

Sur l’amour et la maturité, le basique et l’essentiel

Une lettre à une amie:

Quelques observations après notre entretien téléphonique. 

En tant qu’animal humain, de quoi avons-nous besoin? Lorsque nous aimons, qu’aimons-nous? Basiquement, nous avons besoin de chaleur humaine, de câlins, de faire l’amour. Et comme nous avons besoin de cela, nous avons besoin de nous attacher celle ou celui qui nous en donne. De là les unions, officielles ou non, de là tous les couples. 

C’est important, c’est basique. Est-ce essentiel? Se poser la question. 

Il est bon de rencontrer l’autre sexe, de partager avec lui, de faire l’amour, le mieux possible, le plus intensément possible. En un sens, c’est une nécessité, c’est équilibrant, cela fait circuler l’énergie, cela fait cesser le manège du mental et bien des souffrances avec lui. Il faudrait donc pouvoir faire l’amour facilement, légèrement, pour le plaisir, comme des animaux qui se rencontrent, s’accouplent et se séparent, mais avec l’intelligence et l’attention d’un être conscient. Qu’est-ce qui empêche de se comporter ainsi? La plupart du temps, des « théories » plus ou moins fumeuses et plus ou moins « morales ». La morale, où faut-il se la mettre !? Amusant de voir notre époque fondamentalement immoraliste d’un côté, implorer l’observance de la morale de l’autre. Un peu comme les homos qui veulent qu’on les respecte, qu’on soit gentil avec eux, qu’on leur donne des droits ! Des droits, des droits ! Un « droit à l’amour », garanti, comme on a, paraît-il, un « droit au logement » ? Ce droit-là, bien « gauche », serait contradictoire à un autre « droit », le droit à la liberté. Mais peut-on avoir « droit » à la liberté? La liberté ne se conquiert-elle pas, toujours, et d’abord à l’intérieur, contre ses propres faiblesses, ses propres refus d’être libre, c’est-à-dire adulte ?

L’essentiel, qui n’est pas le basique : Grandir, devenir plus conscient, moins moutonnier, moins bête, plus riche de son humanité, de sa divinité, de sa force, de sa créativité. Devenir le divin que l’on est. Pas cet être dépendant qu’est celui ou celle qui demande. Et qu’y a-t-il de pire, et de plus avilissant qu’une demande d’amour. Je suis amour, qu’ai-je à faire de le demander? Je le donne, je n’ai pas besoin d’en recevoir parce que je sens que j’en reçois. Je suis suffisamment riche pour donner, et mon don est tellement riche qu’inévitablement, j’en reçois. N’en ai-je pas conscience? Je dis alors que l’on ne m’aime pas, que je n’ai pas d’amour. Vérité ou mensonge?

L’essentiel? Grandir, mûrir, refuser toutes les sécurités trompeuses. Et le couple, n’est-ce pas justement une telle sécurité? Ne sentons-nous pas quelquefois lorsque nous nous habituons si agréablement à la présence d’un autre dans notre lit, contre nous, au plaisir que nous avons à nous frotter contre lui, que cela nous endort ? Que cela ternit l’éclat de notre amour ? Que cela nous conforte dans ce que nous sommes déjà, en fermant les yeux et les oreilles à l’appel du dépassement de soi ? L’amour est dépasse­ment de soi, pas confort et réconfort.

J’ai senti tout cela. Je refuse les sécurités. Je n’attends pas qu’on m’aime. L’amour est abondant, en moi et partout, je n’en manquerai jamais. C’est « moi » qui m’enfermerais plutôt dans la pensée qu’on ne m’aime pas. Et cette pensée est mortifère et servile. 

Est-ce que je veux être un esclave? Non, je veux être un maître, non pas d’un autre, ou d’une autre, ou de mille autres, mais de l’esclave qui est en moi, je veux dire ma petite personnalité défensive et défiante. Et je ne veux ne pas me laisser asservir par ses besoins d’esclave. 

Qui parle ici, moi, toi, ou l’être vivant dans l’être humain qui ne veut pas être l’être mort et asservi qui demande, l’être vivant qui ne veut pas se laisser tuer par les conventions et les discours conformistes, bien pensants, gnan-gnan et tristes ? 

Souvenez-vous avec gratitude de ceux et de celles que vous avez aimés.

Qu’est-ce qui, en nous, est « vrai »?

Qu’est-ce qui en nous est vrai? Notre attitude, nos opinions, la manière dont nous nous affirmons? Ou l’être profond, quelquefois serein et paisible, mais souvent triste, souvent malheureux, presque toujours blessé, qui se sent vulnérable? 

L’attitude, la pose, que nous adoptons envers les autres, notre attitude extérieure nous sait vulnérable, même si elle nous empêche d’en être conscient ; et qu’elle cache cette vulnérabilité. Mais le masque sait qu’il est un masque. Et j’en suis aussi quelquefois conscient, n’est-ce pas ? 

Et pourtant, c’est cette vulnérabilité, cette sensibilité, qui fait de nous des êtres humains vivants, et non morts. Quand l’attitude aura tout cuirassé, quand je serai devenu identique à l’image que je me fais de moi, à l’image que je construis de moi et que je projette au dehors, pour les autres, je serai bien mort, même si je ne suis pas encore dans la tombe. Quelqu’un m’a dit un jour, aux premiers temps de mon « apprentissage », alors que j’exprimais ma souffrance: « ce sont tes faiblesses aussi qui te rendent aimable ». Cela m’a surpris, et cette phrase n’a pas cessé depuis de mûrir en moi. 

Ecouter cette vulnérabilité, l’accepter en soi, l’observer, voir quelles indications elle donne sur mon désir, mes aspirations, mes frustrations aussi. Si je les regarde elles aussi, je vois au-delà; je vais déjà un peu au-delà.

Où donc ? 

Vers le contentement. Pas la satisfaction, le contentement. Il faudrait, nous devrions, être toujours content. Content de ce que nous avons, de notre sort, content de vivre. Soyez contents, mais jamais satisfaits, repus, prêt à dormir d’un sommeil encore plus profond, encore plus lourd. Sachons donner notre bonne nature, c’est-à-dire notre sourire, notre amabilité, notre gentillesse, plutôt que notre mauvaise humeur, notre colère et toutes nos émotions négatives. Nous sommes responsables de l’effet que nous faisons sur les autres. Avez-vous jamais senti l’effet de la colère, rentrée ou pas, d’un autre sur vous? Avez-vous senti l’atmosphère que quelqu’un de mauvaise humeur diffuse autour de lui? Et au contraire, vous avez certainement senti la légèreté, la joie, la facilité et la douceur de quelqu’un qui vous parle gentiment et qui donne ce que j’appelle « sa bonne nature »? C’est ce que donne sans jamais y penser, tout naturellement, un enfant paisible. Cela n’a rien de gnan-gnan ni de cul-béni. Nous devrions agir en conséquence. Maîtriser nos émotions négatives, ne pas les exprimer extérieurement, mais les observer ; et manifester autour de nous notre joie et notre amour. Cela aussi s’apprend. Par la pratique, par l’exercice, par la vigilance constante, de plus en plus constante. Par le nettoyage intérieur, la purification de l’ego.

Olivier Sedeyn

L’expérience du yoga

Nous faisons souvent du yoga pour notre santé et il est absolument incontestable que la santé en bénéficie (il est vrai que seuls peuvent le dire ceux qui en ont fait l’expérience réelle au cours d’un temps souvent assez long). Mais plus profondément, plus loin que la santé, il y a l’être que je suis, qui s’avance dans la nuit du monde, et qui cherche la lumière. En faisant du yoga, j’abandonne tous les repères extérieurs (pensées, opinions, désirs, émotions, attachements) et je m’abandonne au mouvement de mon attention attentive qui explore ses sensations, la vie dans son corps, qui va bien plus loin que la corporéité « plate », celle du corps grossier, visible et tangible. Ou, inversement, ce corps que je croyais « grossier » devient profond, subtil, vivant d’une vie que je ne lui connaissais pas, étonnamment et puissamment « réelle ». Souvenons-nous que tous les mots que nous utilisons (ce sont des outils, des signes, des indications), comme « grossier » et « subtil » ne peuvent décrire exactement la réalité ultime qu’ils visent et éclairent néanmoins.

C’est à explorer cet « espace intérieur » que je vous convie, à chaque fois, et à chaque fois, c’est différent, car tout est différent. Tout est toujours différent. Ce qui ne change pas, c’est « seulement » l’attention que nous sommes capables de mobiliser, d’orienter sans rigidité, avec abandon (paradoxe : comment orienter l’attention avec abandon?), sur nos sensations, sur la vie qui est en nous. Alors, nous touchons à cet agir menant au non-agir dont parlent beaucoup de textes orientaux. On fait des efforts, et quelquefois on « sue », mais dans l’intention souple et non rigide de parvenir à l’abandon, à une réceptivité à ce que l’on ne peut pas attendre, à nous ouvrir vraiment et profondément à l’Inconnu. Être attentif à l’inattendu, paradoxe encore sans doute. Mais le merveilleux, c’est que l’inattendu à chaque fois, est au rendez-vous. Si je suis présent. Et cette attention retrouvée, cette conscience ouverte, c’est « Moi », le « moi » de Krishna (figure de l’Absolu) dans la Bhagavad Gîta, l’absolu senti au plus profond de soi, dans le silence et dans le calme. Cette exploration est donc vraiment une voie de connaissance de soi, de réalisation de soi. Parfaitement singulière en chacun. Le maître est à l’intérieur de chacun, il est à la fois l’être qui palpite et que je sens et l’attention qui en prend conscience et observe impartialement. 

Le yoga vise à l’union

Le yoga vise à l’union, à l’intérieur de soi, d’abord, puis avec les autres et avec le cosmos, avec le divin partout présent (et pourquoi ne le serait-il pas ?), mais le mystère, ou le miracle, c’est que c’est à l’intérieur que tout cela se révèle, par l’exercice de la seule attention, par la grâce de la seule attention. Être attentif, être présent, avec bienveillance et détachement, à tout ce qui est, y compris à tout ce qui est en moi (émotions positives, émotions négatives, corps grossier, corps subtil, corps mental, etc …), et spontanément, naturellement, insensiblement, en moi s’installent le calme, la paix, et l’ouverture sans limite. 

Qu’est-ce que le hatha yoga ?

Le hatha yoga est une manière très pénétrante et très précise, très « scientifique » (au sens de l’observation neutre, sans aucun parti pris), de conserver et recouvrer la santé, de détendre et d’apaiser le corps et le mental. On le considère comme consistant principalement en exercices physiques, et assurément, le hatha yoga donne un corps sain et un mental concentré, mais son but est bien plus élevé encore. 

         Les postures et les exercices respiratoires calment le système nerveux et éliminent les tensions du corps et du mental. Ils sont d’une importance vitale, mais nous ne devons pas nous arrêter là. Nous devons aller plus loin, plus profond et accéder au trésor qui se trouve enfoui au plus profond de nous, la réalisation de soi, la connaissance de soi, la réalisation du soi, la connaissance du soi. 

         Les postures plus ou moins simples et la régulation du souffle sont des instruments efficaces pour se concentrer et méditer. Celui qui pratique la méditation régulièrement après les asanas et le prânâyâma peut le comprendre. 

         La Gheranda Samhita énumère de la manière suivante les sept buts du hatha yoga: 1) la purification par six pratiques (dhauti, nettoyages de l’estomac, de la bouche, de la poitrine, du rectum ; vasti, les lavements ; neti, le lavage du nez ; laulikî, le barattage du ventre ; trataka, la fixation du regard ; kapalabhâti, les expectorations) ; 2) la fermeté par la pratique des asanas ; 3) la stabilité par la pratique des mudras ; 4) le courage et la patience par la pratique de l’intériorisation du mental et des sens ; 5) la légèreté par la régulation de la force vitale ; 6) la réalisation de soi par la méditation ; et 7) la libération de tout esclavage par l’expérience directe de la conscience cosmique ou universelle (ou de la conscience qui est au-delà de « ma » conscience) ou samâdhi

         Les textes déclarent que le pratiquant du hatha yoga parviendra à maîtriser la vieillesse et la mort. Mais il ne faut pas confondre cette conquête avec l’immorta­lité physique, et ce n’est pas non plus la promesse d’une jeunesse éternelle. C’est la découverte de ce qui ne peut ni vieillir ni mourir en chacun de nous. 

         Le hatha yoga permet de découvrir la santé et de contacter le divin en nous. C’est un état intérieur sans aucune division, où l’on éprouve un équilibre parfait et l’harmonie. Cette unité ou harmonie ne règne pas seulement en moi, mais dans mes relations avec les autres et avec l’ensemble de ce qui est. 

         Il est impossible de définir parfaitement la santé (il en est de même pour la paix, la béatitude, l’amour et dieu). Décrire la santé, ce n’est pas être sain. La santé doit être découverte et éprouvée. Et il faut encore découvrir la paix, l’amour et la félicité. Le hatha yoga est une voie et une technique pour cela. 

         En pratiquant le hatha yoga, nous travaillons simultanément sur deux plans : sur le corps physique et sur le corps subtil. Le corps physique est matériel, le corps subtil est une combinaison de l’énergie et de l’intelligence qui sont dans le corps physique et qui l’animent. La « découverte » de la santé s’effectue sur le plan du corps physique par l’élimination des toxines qui polluent les cellules du corps. La « découverte » de la paix au plan subtil révèle l’intelligence mystérieuse et puissante qui mobilise la force vitale afin d’animer le corps physique et de lui permettre d’accomplir toutes ses fonctions. 

         Les postures les plus simples, comme le fait de se tenir en équilibre sur un seul pied, ne s’appuient pas seulement sur le travail musculaire. Si l’on se met dans une telle posture avec une grande attention intérieure, on sent immédiatement l’action de l’intelligence répandue dans tout notre corps, qui s’active immédiatement pour rétablir notre équilibre à chaque fois qu’il est menacé. Il est clair que l’intelligence est là, derrière le « moi » (le sens de l’ego) et qu’elle intervient en cas de besoin. La découverte de l’intelligence — et la réalisation instantanée de sa puissance et de son efficacité inimaginables — nous permet de conquérir la vieillesse et la mort, l’inquiétude et l’angoisse. Cette intelligence qui est en nous sait ce qu’il faut faire et comment le faire. 

         L’aspect physique du hatha yoga lui-même vise à travailler plus sur les organes vitaux internes que sur les muscles de surface. La santé du corps dépend dans une large mesure de la santé du système nerveux et du système endocrinien. Elle s’acquiert et se conserve en faisant en sorte que la force vitale ou prâna circule librement dans les organes sans blocage ni précipitation. Si la pression du prâna est régulière et harmonieuse, le corps et le mental fonctionnent bien. 

         Le prâna est la vie. C’est la puissance du souffle de vie. Il est par rapport aux nerfs et au corps comme le courant électrique par rapport aux câbles. On ne voit pas le courant électrique, mais on voit la lumière des lampes, et on constate son action dans tous les appareils électriques. On ne peut pas voir le prâna, mais l’on voit ce qu’opère le prâna dans les innombrables fonctions qui s’accomplissent dans notre corps. 

         Le prâna circule dans des nâdis qui sont comme des ondes lumineuses ou des ondes sonores. Si le prâna circule librement, vous vous sentez vivant, joyeux, heureux, paisible, optimiste et actif ; et vous relevez les défis de la vie avec enthousiasme et confiance. 

         Le travail du hatha yoga sur le corps nourrit et stimule les racines de la santé intérieure, afin d’augmenter les pouvoirs de résistance et d’endurance de la personne. On éprouve alors un sentiment de bien-être. Ce travail permet de prévenir les maladies et favorise hautement le recouvrement de la santé. 

         Tout en se concentrant sur les glandes endocrines, le hatha yoga renforce les nerfs en travaillant sur le cerveau et sur la colonne vertébrale dont émanent les nerfs. Les glandes, le cerveau et la colonne vertébrale font par conséquent l’objet de l’atten­tion principale, bien que nous accordions aussi de l’attention à certains viscères internes, spécia­lement ceux liés à la digestion. 

         Mais pour le pratiquant sérieux, les glandes, les nerfs et le système digestif ne sont pas le plus important, et son but n’est pas de les renforcer. Il concentre son attention sur les nâdis et les chakras (que l’on associe aux nerfs et aux glandes) et sur le plexus solaire ou sur le feu gastrique. Son but est de purifier ces nâdis. Lorsqu’ils sont purifiés, ils sont forts, puissants, et ils jouent bien leur rôle en répan­dant les bienfaits du prâna dans le corps et dans le mental. 

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