Éleuthère

Olivier Sedeyn Yoga, Chant, Vers la Sagesse

La nature de l’équité selon Aristote/1

« Ce qui fait la difficulté, c’est que l’équitable, tout en étant juste, n’est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale. La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu’il y a des cas d’espèce pour lesquels il n’est pas possible de poser un énoncé général qui s’y applique avec exactitude. Dans les matières, donc, où on doit nécessairement se borner à des généralités et où il est impossible de le faire correctement, la loi ne prend en considération que les cas les plus fréquents, sans ignorer d’ailleurs les erreurs que cela peut entraîner. La loi n’en est pas moins sans reproche, car la faute n’est pas à la loi, ni au législateur, mais tient à la nature des choses, puisque par leur essence même la matière des choses de l’ordre pratique revêt ce caractère d’irrégularité. Quand, par suite, la loi pose une règle générale, et que là-dessus survient un cas en dehors de la règle générale, on est alors en droit, là où le législateur a omis de prévoir le cas et a péché par excès de simplification, de corriger l’omission et de se faire l’interprète de ce qu’eût dit le législateur lui-même s’il avait été présent à ce moment, et de ce qu’il aurait porté dans sa loi s’il avait connu le cas en question. De là vient que l’équitable est juste, et qu’il est supérieur à une certaine espèce de juste, non pas supérieur au juste absolu, mais seulement au juste où peut se rencontrer l’erreur due au caractère absolu de la règle. Telle est la nature de l’équitable : c’est d’être un correctif de la loi, là où la loi a manqué de statuer à cause de sa généralité. »                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    Aristote

Traduction du texte pour mieux le comprendre (à faire pour soi, que je fais ici à des fins pédagogiques)

1/ Le difficile, c’est que l’équitable, tout en étant juste, n’est cependant pas le juste selon la loi, mais quelque chose qui rectifie le juste selon la loi. 2/ C’est que le juste selon la loi n’est pas toujours « juste », parce que la loi est toujours un énoncé général et que toutes les situations humaines étant particulières, il y a des cas où la généralité de la loi ne s’applique pas convenablement, où il n’est même pas possible de formuler une loi générale qui s’applique convenablement. 3/ Par conséquent, dans les domaines où l’on est contraint de se limiter à des généralités, et où l’on ne peut pas faire de généralités qui s’appliquent de manière satisfaisante au cas particulier, la loi ne peut prendre en compte que ce qui arrive le plus fréquemment, tout en sachant fort bien que cela peut aboutir à des erreurs. 4/ Cela ne signifie pas que la loi soit alors mauvaise, car ce n’est pas la faute de la loi si elle s’applique mal à ces cas particuliers, et ce n’est pas non plus la faute du législateur qui n’aurait pas prévu ce cas ; le fait que la loi s’applique mal à ces cas particuliers est dans la nature des choses, car l’essence même des actions humaines est d’être irrégulières, au moins en partie imprévisibles. 5/ Par conséquent, quand la loi énonce une règle générale et qu’un cas surgit où cette règle ne s’applique pas convenablement, il est légitime, lorsque le législateur n’a pas prévu le cas et a fait une loi trop simple, d’introduire ce qui manque dans la loi et de dire ce qu’aurait dit le législateur s’il avait pu connaître le cas considéré. 6/ C’est la raison pour laquelle l’équitable est juste (bien qu’il ne soit pas « légal »), et qu’il est même supérieur au juste légal, fondé précisément sur la formulation d’une règle générale s’appliquant aux cas qui arrivent le plus fréquemment, mais pas à ceux qui sont plus rares, car dans ce juste légal, l’erreur est possible dans la mesure où la loi fait comme si tous les cas devaient se conformer à la règle qu’elle énonce alors qu’il y a des cas où la loi ne s’applique pas « justement ». Quant au juste absolu, c’est ce qui est juste indépendamment de la loi et même indépendamment d’un jugement équitable (qui n’existe pas toujours). 7/ Voilà donc ce qu’est l’équitable, c’est ce qui permet de corriger la loi lorsque la loi n’a pu prendre en compte un cas particulier du fait qu’elle ne peut prendre en compte que ce qui arrive le plus souvent.

1/ Le domaine du texte, les problèmes qui se posent dans ce domaine, des solutions possibles.

Le domaine de ce texte est le domaine politique. Dans le domaine politique, on se pose la question de savoir comment vivre « bien » en société. Le thème central de la réflexion politique est la justice, qui est le problème de la conciliation des intérêts particuliers et de l’intérêt général. En gros, on peut envisager deux solutions possibles à ce problème. D’abord la solution « idéale », telle qu’elle s’exprime dans la thèse de la République de Platon selon laquelle la seule manière de faire cesser les maux qui agitent les cités, c’est de faire que les philosophes (les « amoureux de la sagesse ») deviennent rois ou que les rois deviennent de vrais et d’authentiques philosophes. Dans cette solution, idéale, et même « utopique », mais qui a le mérite de souligner et de bien faire comprendre le problème politique, la solution est liée au fait que celui ou ceux qui gouvernent la cité sont des « sages », des gens qui savent comment réaliser le bien commun et qui veulent bien se « sacrifier » pour le réaliser. Car la vie politique se caractérise par le conflit entre des prétentions opposées à la justice. Tous les partis prétendent que leur politique sera la politique juste, c’est-à-dire appropriée la situation, c’est-à-dire permettant de réaliser le bien commun, c’est-à-dire d’harmoniser les intérêts particuliers et l’intérêt général. Face à des prétentions opposées, la question qui surgit immédiatement est celle de savoir quelle est la vérité. Le philosophe, étant celui qui se soucie avant tout de la vérité, est donc le mieux à même de résoudre le problème politique. Mais il est également clair que la communauté politique qui acceptera de se soumettre au pouvoir d’un sage ou de plusieurs semble bien utopique. Et par ailleurs, une telle solution ne semble guère « démocratique ».

La deuxième solution est précisément la solution démocratique, qui a trouvé, dans les temps modernes et dans les constitutions politiques des démocraties libérales modernes, une illustration particulièrement éloquente. Elle consiste à dire que, dans la mesure où personne ne semble savoir de manière certaine ce qu’est le bien politique absolu, et dans la mesure où personne ne semble disposé à se soumettre entièrement à quelqu’un, fût-il un « sage », il vaut mieux s’en remettre à la « loi de la majorité », tout en tenant bien sûr compte des compétences de chacun. Car on ne va pas donner des diplômes à la majorité des voix, on ne va pas « élire » un médecin ou un cordonnier, qui doivent se former dans des écoles et par l’expérience et acquérir ainsi une technique, un art, une connaissance, une compétence, qui ne sauraient être acquis sur le simple accord des autres. Un médecin devient médecin parce que les médecins compétents le jugent capable d’exercer la médecine, non parce que les patients l’éliraient (si c’était le cas, ce serait la porte ouverte à tous les charlatanismes). Mais dans le domaine politique, dans la mesure où personne ne possède la vérité absolue et certaine, dans la mesure également où tout le monde a néanmoins une notion de ce qui est juste, cette solution suppose que le mieux est d’élire des représentants, qui feront des lois pour les citoyens, qui seront donc ainsi indirectement les auteurs des lois auxquels ils seront soumis. Ainsi, dans la mesure où je vote pour des représentants au Parlement, je suis l’auteur même de la loi qui me commande et ainsi, loin d’être un esclave de la loi, j’en suis en partie l’auteur, ou je me soumets à la loi votée par la majorité. « La démocratie », disait Churchill, « est le pire des régimes », et il ajoutait « à l’exclusion de tous les autres ». C’est le pire des régimes (et il est vrai qu’il a des difficultés qui lui sont propres, en particulier le risque de démagogie), mais les autres régimes sont encore pires. Cela dit, si ce régime est peut-être comme il le semble le meilleur possible, cela ne veut pas dire qu’il doive être appliqué partout sans considération du peuple auquel on l’applique. Le régime politique ne saurait être appliqué de l’extérieur, même s’il est le meilleur possible (car des peuples sans tradition démocratique, des peuples habitués à l’obéissance, à la corruption, à la tromperie, pourraient ne pas comprendre les devoirs liés au fait de vivre en démocratie, et une démocratie qui leur serait imposée de l’extérieur serait vite corrompue et serait ainsi seulement une apparence de démocratie).

2/ La thèse du texte, son intention, ses destinataires, et les objections que l’on peut y faire.

La thèse de ce texte, c’est d’abord que la justice est une notion complexe. En effet, la première définition de la justice, la plus courante, c’est « ce qui est conforme à la loi ». Dans tous les pays, ce qui est juste, c’est « ce que dit la loi ». Mais dans tous les pays également, les lois ne sont pas immuables (bien qu’elles soient d’autant meilleures et d’autant mieux acceptées qu’elles restent invariables longtemps, car une partie au moins de leur légitimité vient de leur ancienneté) ; on modifie les lois. Or, si l’on modifie les lois, c’est que l’on pense qu’elles ne sont pas, ou pas totalement, « justes ». On a donc nécessairement dans l’esprit une autre notion de la justice que celle véhiculée par les lois en vigueur. La justice a donc deux sens : 1/ la justice en vigueur, c’est-à-dire les lois en vigueur, qu’on appelle aussi le droit positif ; et 2/ la justice « idéale », ou « parfaite », qui n’est pas toujours en vigueur mais qui est une norme que l’on a dans l’esprit et qui nous permet de dire, indépendamment même des lois, que telle action, ou même telle loi, est « juste » ou « injuste » ; on appelle la réflexion sur cette justice parfaite, ou l’énoncé de cette justice parfaite chez les philosophes ou les juristes, le droit naturel. Ces deux sens supposent donc que la justice n’est pas seulement ce qui est tenu, dans un certain pays à une certaine époque, pour juste selon les lois de ce pays, mais aussi une certaine notion, plus ou moins confuse selon les individus, de la vérité de la justice, de ce qu’est la justice, en elle-même. La vérité de la justice, c’est donc l’idée d’une justice qui serait la même pour tout le monde et qui existerait indépendamment des conventions humaines (c’est pourquoi on l’appelle « naturelle »).

La thèse du texte, c’est qu’il y a, à côté du juste légal, un autre « juste », qu’Aristote appelle l’équitable, et qui est un correctif de la justice légale. Aristote suppose donc que la justice légale, la justice conventionnelle, ou encore le droit positif, est imparfaite en certains cas, et qu’elle a donc besoin d’une rectification, rectification qui est précisément apportée par ce qu’il appelle « l’équitable ». Mais il ne faudrait pas comprendre l’équitable comme contraire à la loi. L’opinion d’Aristote, ce n’est pas que la loi est mauvaise, ni même « injuste ». Il veut nous faire comprendre que la loi est en un sens toujours imparfaite, non pas parce que l’homme serait nécessairement imparfait, ou parce qu’ « il n’y a pas de justice », comme on le dit si souvent. Il veut nous faire comprendre la nature de la loi. La loi est nécessairement générale, elle tient compte de ce qui arrive le plus souvent. Mais dans le monde des actions humaines, à la différence de ce qui se passe chez les êtres inorganiques ou chez les animaux où presque tout est déterminé et en grande partie prévisible, les conduites humaines ne sont que très généralement prévisibles. Par conséquent, si l’on fait des règles générales de conduite, inévitablement, il y aura des cas spéciaux où la règle générale ne vaudra pas, où par conséquent, elle ne sera pas « juste », non pas tellement au sens où telle action ne serait pas conforme à la lettre de la loi, mais plutôt au sens où, tout en n’étant pas conforme à la lettre de la loi, cette action n’en sera pas pour autant nécessairement « injuste ».

La thèse du texte, c’est donc que la loi étant nécessairement générale, et que les actions humaines ayant un caractère irréductible d’irrégularité, il doit exister un correctif de la loi. Et que la loi n’est pas mauvaise, « injuste », pour autant, mais elle a besoin d’une « rectification ». La généralité de la loi fait qu’elle s’applique mal en certains cas spéciaux. La loi est bonne, elle est nécessaire, sans quoi les hommes s’entretueraient en permanence, mais elle est imparfaite, car les choses humaines ne sont pas toutes réductibles à des formules générales ; il faut donc un correctif de la loi, et c’est cela l’équitable.

L’intention du texte est donc de nous faire réfléchir sur la nature de la loi, sur sa justice, sa nécessité, et son insuffisance, dont nous venons déjà de parler assez explicitement.

Les destinataires de ce texte sont les êtres humains qui pourraient être tentés de contester radicalement la loi sous prétexte qu’en certains cas elle s’applique mal. Dire qu’une loi est « injuste » en un certain sens, cela ne signifie pas que cette loi n’est pas « juste » en un autre sens. On pourrait dire, en suivant notre distinction des deux sens du mot justice, que la loi est juste au sens où elle énonce le juste légal, le droit positif, qui est indispensable et imparfait, mais qui est bon parce qu’il ordonne et civilise les hommes, mais qu’elle est aussi parfois en un sens « injuste » au sens où elle ne se conforme pas à la vérité de la justice, au droit naturel.

Il semble difficile de faire des objections à un texte qui est aussi précis et aussi nuancé. Il nous semble que seul quelqu’un qui ne parviendrait pas à voir la complexité et la richesse du problème de la loi, ou du problème de la justice, pourrait s’opposer à l’opinion d’Aristote.

3/ Les étapes de l’argumentation.

Ce texte se compose de sept phrases. La première énonce la thèse du texte, qui sera reprise dans la dernière : l’équitable n’est pas le juste légal, mais un correctif de la justice légale. La deuxième phrase explique la nécessité d’une correction de la loi par le fait que la généralité de la loi ne s’applique pas toujours à certains cas spéciaux. Et la troisième phrase souligne cela en affirmant que la loi ne peut prendre en considération que ce qui arrive le plus souvent pour formuler ses règles ; et en affirmant également qu’elle n’ignore pas les difficultés liés à l’application de formules générales à des situations qui sont toujours individuelles. La quatrième phrase insiste sur le fait que l’imperfection locale de la loi n’implique pas qu’elle soit mauvaise en elle-même ; c’est que pour régler les conduites humaines, il faut bien faire des lois, mais les conduites humaines sont tellement irrégulières que parfois des lois fort bien faites et bonnes pour beaucoup de cas ne s’appliquent pas bien à d’autres cas. La cinquième phrase autorise donc les hommes, lorsque la loi en vigueur s’applique mal à un cas particulier, à rectifier l’imperfection de la loi ; une loi n’est pas une idole à respecter toujours et partout ; certes, il est nécessaire de la respecter, mais avec intelligence, et ce n’est pas la détruire que de la rectifier conformément à son esprit, qui est justement de concilier les intérêts humains pour réaliser autant que possible le bien commun. Et Aristote conclut dans la sixième phrase en soulignant que l’équitable est une certaine espèce de juste, distincte du juste légal, mais non pas injuste parce qu’elle rectifie le juste légal ; la justice n’est pas seulement la justice légale ; il y a un juste, qui est supérieur au juste légal, et ce juste est le juste « par nature », ou le juste vrai, que seule la pensée nous permet d’appréhender ; l’équitable ne rectifie que le juste où peut se rencontrer l’erreur, c’est-à-dire le juste légal, nécessairement général et imparfait, non pas en lui-même, mais à cause de la nature des choses humaines. L’équitable est donc inférieur au juste naturel. Et la septième phrase conclut en reprenant la thèse énoncée dans la première phrase : l’équitable traite de ce dont la loi n’a pu traiter à cause de sa généralité, qui n’est pas un défaut, mais un fait.

La première phrase énonce une difficulté : l’ambiguïté de l’équitable, qui d’un côté critique la justice légale, et qui de l’autre est néanmoins juste. La deuxième phrase explique cette ambiguïté par la nature même de la loi, qui est nécessairement générale et prend en compte ce qui arrive le plus souvent, mais qui rencontre parfois des cas où elle ne peut s’appliquer exactement (autrement dit des cas où elle ne peut être appliquée exactement sans injustice, ce qui est paradoxal, puisque la loi, visant à établir ce qui est juste, commettrait dans ce cas, si elle était appliquée strictement, une injustice). La troisième phrase est une première conclusion de cette explication : la loi ne prend en compte que ce qui arrive le plus souvent, et par suite, elle s’applique quelquefois mal à des cas moins généraux. La quatrième est une deuxième conclusion de cette explication : le défaut, s’il y en a un, ne vient pas de la nature de la loi, qui est bonne, juste, en elle-même, mais de la nature des choses : il y a des choses qu’on ne peut pas régler « en général », en particulier dans les conduites humaines. La cinquième phrase tire une conclusion pratique de ce raisonnement : bien que la loi affirme telle règle, lorsqu’un cas exceptionnel survient, il est légitime, c’est-à-dire il est « juste » (bien que « non juste légalement ») de la rectifier. La sixième phrase est une conclusion de l’ensemble du raisonnement, qui souligne les deux sens du mot justice (justice légale, justice « naturelle »). Et la septième phrase énonce à nouveau la thèse en la complétant par l’explication : l’équitable est un correctif de la loi, qui corrige la loi sur ce qu’elle n’a pu préciser à cause de son caractère nécessairement général.

Une autre introduction

Le texte qui est proposé à notre réflexion traite de la loi, de la justice, et en particulier de l’« équité ». La question de la justice de la loi appartient au domaine politique, dans lequel il est question du « bien » de la vie commune des membres d’une communauté humaine particulière. D’un autre côté, la question de l’équité semble bien concerne l’application de la loi. Ce texte appartient donc au domaine politique. La justice est le problème central de la politique parce qu’elle établit les régles qui assurent la meilleure coexistence entre les membres d’une cité. Cependant, ce texte ne s’interroge pas sur la justice, ni même sur la loi, bien qu’il éclaire indirectement l’une et l’autre ; il traite de l’équité. Le problème auquel il répond est précisément celui de la nature (de la définition, de l’essence) de l’équitable et de la nécessité de l’équitable étant donnée l’insuffisance relative de la justice légale.

La thèse du texte s’exprime dans la première et dans la deuxième phrase : l’équitable est une rectification de la loi, qui intervient seulement lorsque la loi (qui est nécessairement générale) ne suffit pas à régler justement un cas particulier (le « cas d’espèce » du texte). Mais la loi est-elle insuffisante, peut-elle même être insuffisante ? Et si elle l’est, ou s’il lui arrive de l’être, est-elle pour autant injuste ? Il nous faudra examiner ces questions.

La forme de ce texte est une argumentation rigoureuse qui permet de comprendre ce qu’Aristote entend par « sagesse pratique », c’est-à-dire par la phronèsis ou la prudence, qui est la faculté par laquelle l’homme sage en pratique aborde et traite les actions humaines. À la différence de la science purement théorique, qui a affaire à un réel stable, la science pratique (politique et éthique) s’attache à des objets essentiellements instables ; elle doit donc savoir prononcer avec discernement dans chaque cas, et les principes et les règles générales (les lois par exemples) ne suffisent pas à y déterminer le « bien ».

Le plan de l’argumentation est le suivant. Après la première phrase, Aristote développe sa thèse en expliquant : 1/ la nature de la loi ; 2/ la nature de ce sur quoi porte la loi (les actions humaines) ; 3/ l’insuffisance de la loi ; 4/ l’« innocence » de la loi ou du législateur en ce qui concerne l’insuffisance de la loi ; 5/ la légitimité d’une correction de la loi insuffisante. Enfin, le texte conclut en distinguant trois espèces dans la justice (justice absolue, justice de l’équité, justice légale) et en reformulant la thèse.

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